Angoisse de séparation qui dure : Que faire ?
- Adeline Huck

- 28 avr.
- 6 min de lecture
Bébé ne veut qu’un seul parent ? Il pleure dès que vous vous éloignez, même si vous êtes dans la même pièce que lui ? La séparation est difficile dans toutes les situations et avec tout le monde ?
Bienvenue dans la période d’angoisse de séparation 😊
& rassurez-vous, c’est une étape tout à fait normale du développement de votre enfant. Elle peut se faire aux alentours des 9 mois, mais également à 1 an, 2 ans ou à l’entrée à l’école.
Mais que faire lorsqu'elle dure plusieurs mois ?
Comprendre cette période, décrypter les signes, accompagner au mieux votre enfant et surtout mieux vivre ce temps en tant que parent, voilà ce que cet article va vous apporter ! 😊
Comprendre l’angoisse de séparation
Elle correspond au moment où le bébé prend conscience qu’il est une personne distincte de ses figures d’attachement, et que celles-ci peuvent s’éloigner de lui. Cette prise de conscience, bien que fondamentale, peut être source d’insécurité. Elle apparaît généralement autour des 9 mois, avec un pic souvent observé entre 10 et 18 mois, mais chaque enfant évolue à son propre rythme.
Sur le plan développemental, cette période est étroitement liée à l’acquisition de la permanence de l’objet : l’enfant comprend progressivement que ses parents continuent d’exister même lorsqu’il ne les voit plus… mais cela ne suffit pas encore à le rassurer. En parallèle, le lien d’attachement se consolide : plus il est fort, plus l’enfant peut exprimer intensément son besoin de proximité lorsque la séparation survient. C’est donc un signe de développement affectif en bonne santé, même si cela peut être éprouvant au quotidien.
Lorsque cette angoisse s’installe dans la durée, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.
Le tempérament de l’enfant joue un rôle important : certains enfants, plus sensibles ou plus prudents face à la nouveauté, auront naturellement un besoin de sécurité plus marqué.
Des changements récents ou à venir— comme une entrée en crèche, un déménagement ou l’arrivée d’un nouveau bébé — peuvent également raviver ou intensifier cette insécurité.
Enfin, la fatigue ou une dette de sommeil sont souvent des éléments sous-estimés : un enfant fatigué aura plus de difficultés à gérer ses émotions et à tolérer la séparation/ la frustration.
Dans tous les cas, il ne s’agit ni d’un caprice, ni d’une mauvaise habitude,
mais bien d’un besoin réel de réassurance.
Les signes d’une angoisse de séparation qui s'installe dans le temps (sur plusieurs mois) :
Difficultés à s’endormir et se rendormir seul,
Réveils nocturnes fréquents avec besoin d’un parent,
Pleurs intenses lors des séparations (même courtes, même avec des personnes qu’il a l’habitude de voir régulièrement),
Refus de rester avec d’autres adultes, même de la famille proche,
Hypervigilance ou besoin de contact constant dès que la figure d’attachement principale est là,
Ne supporte pas la nouveauté, ni le changement,
A besoin d'être collé à son parent, et pas juste à côté ou dans la même pièce.
Cela peut être épuisant pour les parents, mais rassurez-vous ce n'est pas de votre faute et votre enfant n'a pas un "problème", il a besoin de comprendre ce qui se passe autour de lui et de la permanence de l'objet.
Ce qu'il faut éviter :
Partir sans dire au revoir : Votre enfant a besoin de savoir que vous partez, pour comprendre que vous allez revenir. Partir sans qu’il s’en rendre compte, va soulager vos émotions car il n'y aura pas de pleurs mais ne va pas aider votre enfant à comprendre ni à appréhender les séparations et cela peut engendrer une hypervigilance et amplifier les angoisses,
Tout arrêter et faire durer ou stopper la séparation : Un câlin supplémentaire oui, faire durer et ne pas réussir à partir, à éviter. La fameuse cohérence : elle fonctionne dans tous les domaines :)
Cette période est difficile mais nécessaire pour que votre enfant comprenne que vous partez mais que vous revenez toujours,
Minimiser ou ignorer les émotions : Mettre des mots sur ce que votre enfant ressent va lui permettre de mieux gérer ses émotions et de mieux vivre cette période,
Vouloir “forcer” l’autonomie trop vite : Un bébé a besoin de ses parents plus que n’importe qui, vouloir qu'il aille "chez tout le monde", le plus vite possible, ne va pas le sécuriser,
L'incohérence dans les réponses parentales : Une fois je reste si tu pleures, une fois je pars. Votre enfant a besoin de constance : c’est le moment de partir, je pars tout en lui expliquant que vous allez revenir et le rassurer.
Multiplier des changements : La stabilité et le rythme quotidien sont vos alliés. Alors oui bébé peut s’adapter à nous parents, mais nous devons aussi comprendre et s’adapter à lui lorsque la situation est trop compliquée. Se poser, remettre du sens et des éléments rassurants dans le quotidien de bébé va lui permettre de se sentir plus sécure pour aller découvrir le monde qui l'entoure.
Concrètement, qu'est ce qu'on fait ?
On sécurise le lien d’attachement
Le portage, votre meilleur ami pour avoir les mains libres : Du collage en journée, en soirée pour renforcer le lien et faire le plein de sécurité affective pour les prochaines séparations,
Préparer les séparations : Verbalisation des émotions, de la situation future, rassurer l’enfant sur le fait que vous revenez toujours etc.
On mets en place une routine rassurante :
Objets transitionnels : On introduit ou un utilise le doudou comme lien et comme objet rassurant au quotidien, au moment de la séparation,
Routines prévisibles (notamment autour du sommeil) : Les routines du quotidien sont spécialement là pour sécuriser votre enfant et lui permettre d’appréhender chaque étape du quotidien et donc d’appréhender la séparation (nuit, mode de garde, dodo chez mamie etc.)
Pour les plus grands : Un imagier avec toutes les étapes de la journée, avec des repères visuels, un mot / une action à faire au moment de la séparation (cœur sur la main, bisou nez, mots doux etc.)
Pour le mode de garde : Ritualiser les au revoir : Passer de bras en bras en faisant l'avion, aller dire au revoir à la fenêtre, aller chercher doudou ensemble, demander avec quoi il veut jouer etc.
Favoriser l’autonomie en douceur
Séparations progressives : On commence par des heures par ci par là, au rythme de bébé et de vous. Même si cela concerne les grands parents, une adaptation en douceur est tout de même nécessaire,
Jeu de “coucou/caché” pour travailler la permanence de l'objet,
Des histoires sur la séparation et sur les retrouvailles, adapté à l'âge de votre enfant.
Accueillir les émotions et rassurer l'enfant par la parole :
Exemple : "Je sais que c'est difficile pour toi mais maman/ papa va revenir, tu vas y arriver.
& le point sommeil ?
La situation peut évidemment impacter le sommeil : Rituel à rallonge, pleurs lors de la sortie de la chambre...
On rassure par des mots, on reste présent un peu plus longtemps pour rassurer par la simple présence, on renforce le rituel avec un moment câlin un peu plus long...
Mais attention, la constance est la clé : On renforce et on ancre le rituel du coucher, on le fait perdurer durant un temps mais on garde un cadre clair et on reste sûr de ses choix lorsque l'on décide de quitter la chambre.
Un manque de sommeil peut également amplifier l'angoisse de séparation : Un enfant fatigué aura plus de mal à gérer ses émotions et arrivera moins bien à se détendre seul. Revoir le rythme en journée et les siestes peut également être un bon point de départ :)
Quand et comment se faire accompagner
Si la situation perdure trop longtemps et s'intensifie au lieu de s'adoucir : Plusieurs mois, ou une angoisse très marquée même avec les personnes du quotidien.
Vous pouvez en parler à votre pédiatre, consulter une puéricultrice, une psychologue : Un accompagnement à la parentalité peut être une bonne alternative pour faire le point et dénouer le nœud autour de la séparation.
L'angoisse de séparation n'est pas une fatalité mais un passage qui peut signifier finalement que tout va bien (et si votre bébé ne montre pas d'angoisse, cela ne veut pas dire que le lien d'attachement n'est pas présent ! Chaque enfant est différent :) ).
De la patience, de la constance et de la confiance vous seront utiles dans cette période.
Observez votre enfant, adoucir le quotidien, prendre le temps de faire du collage, tout en continuant de se séparer pour mieux se retrouver. & surtout, prenez du temps pour vous, autant que besoin durant cette période :)
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Adeline,



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