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Comment mettre en place un endormissement serein chez son bébé ? Mes 5 clés en tant qu'infirmière puéricultrice

13 août
6 min de lecture

L'endormissement est souvent l'un des premiers défis rencontrés par les jeunes parents. Bébé pleure au moment du coucher, ne s'endort qu'au sein ou dans les bras, se réveille dès qu'on le pose…

Ces situations sont fréquentes et peuvent rapidement devenir épuisantes.


Pourtant, un endormissement serein ne dépend pas d'une méthode miracle. Il repose avant tout sur le respect des besoins physiologiques et émotionnels de votre bébé. (La notion de VOTRE bébé est très importante).


En tant qu'infirmière puéricultrice spécialisée dans le sommeil du nourrisson, mon approche consiste à accompagner les familles avec bienveillance, en tenant compte des besoins de chaque famille.


À partir de quel âge peut-on favoriser un endormissement serein ?


C'est une question que l'on me pose très souvent et je ne peux répondre qu'une seule chose : Cela dépend de VOTRE histoire, de vos besoins et de vos attentes.


& surtout qu'est ce que vous mettez derrière un endormissement serein / autonome ?

  • poser bébé dans son lit éveillé ?

  • l'endormir dans les bras / au sein mais qu'il dorme plusieurs heures en journée ?

  • qu'il dorme toute la nuit ?


La notion de sommeil et d'endormissement est propre à chacun, à vous de réfléchir quel est votre objectif.


De 0 à 3 mois : Accompagner avant tout et rester collés si besoin


Chez le nouveau-né, le sommeil est encore immature. Les cycles sont courts, l'horloge biologique se met progressivement en place et les besoins alimentaires sont très importants et fréquents.


À cet âge, il est tout à fait normal que votre bébé s'endorme dans vos bras, au sein, au biberon ou bercé. Il recherche avant tout la sécurité et la proximité.

-> L'objectif n'est donc pas l'autonomie, mais la création d'un environnement rassurant.

-> Portage, sieste en collage c'est le moment d'abusez de tout ça :)


A partir de 2,5 / 3 mois, l'objectif peut également être de simplement différencier l'alimentation du sommeil : On propose un biberon / une tétée plutôt au réveil de sieste qu'à l'endormissement et on détache bébé lorsqu'il commence à s'endormir. Afin que la succion nutritive ne soit pas la dernière action avant de s'endormir.


À partir de 4 à 6 mois : Construire progressivement de nouveaux repères


Le sommeil devient plus organisé et les rythmes commencent à se stabiliser.


C'est souvent le moment où l'on peut accompagner progressivement le bébé vers un endormissement plus autonome, toujours dans le respect de son développement et de son tempérament.


Il ne s'agit jamais de laisser pleurer un bébé en détresse, mais de lui permettre d'acquérir, petit à petit, ses propres compétences d'endormissement et de stabiliser un lieu de sommeil :

  • On travaille sur le rythme en journée : siestes et alimentation à heures régulières,

  • On met en place un rituel à chaque moment de sommeil : changement de couche, gigoteuse, câlin et bercements si besoin, bruits blancs pour certains dans un premier temps,

  • Siestes et nuits dans le noir complet,

  • Introduction d'un doudou comme compagnon du sommeil : fait le lien entre le parent et bébé, facilite la séparation et le besoin de sécurité.

Travailler sur le rythme en journée, la pression de sommeil et sur un objet réconfort peut faciliter le sommeil nocturne.


Les 5 piliers d'un sommeil serein


1. Une alimentation suffisante pendant la journée

On parle beaucoup du coucher, mais rarement de ce qui se passe… avant.

Un bébé qui ne couvre pas suffisamment ses besoins nutritionnels dans la journée peut vouloir compenser la nuit et cela créé le cercle vicieux de "je mange la nuit donc je mange moins la journée" alors que nous souhaitons le contraire.


Selon son âge, il est donc important de :

  • Proposer des tétées ou des biberons à la demande ou selon son rythme,

  • Assurer des apports lactés suffisants,

  • Proposer les temps d'alimentation dans un moment où bébé est bien réveillé et ne va pas s'endormir à la moitié,

  • Offrir une alimentation variée et équilibrée après la diversification,

  • Eviter que les repas de journée soient écourtés par les distractions ou par le besoin de sommeil.


Contrairement à certaines idées reçues, le dernier biberon ou la dernière tétée avant le coucher ne créent pas systématiquement une mauvaise habitude.



2. Une pression de sommeil suffisante


La pression de sommeil correspond au besoin de dormir qui augmente progressivement pendant les périodes d'éveil.


Si votre bébé est couché trop tôt, il risque peut être de :

  • Jouer dans son lit ;

  • Protester ;

  • S'énerver après 10-20 min car il n'arrive pas à trouver le sommeil.


À l'inverse, un bébé trop fatigué est souvent trop agité pour s'apaiser seul :

Résultat :

  • Agitation,

  • Pleurs importants,

  • Difficultés d'endormissement car il n'arrive pas à s'apaiser,

  • Sommeil plus fragmenté.


Le bon moment est celui où votre bébé est suffisamment fatigué… mais pas épuisé.

Je vous l'accorde, cette fenêt n'est pas toujours facile à trouver.


3. Respecter les temps d'éveil


Les temps d'éveil sont l'un des éléments les plus importants pour favoriser un sommeil de qualité et un endormissement plus serein.


Chaque bébé possède une durée d'éveil optimale qui évolue avec l'âge.


Repères moyens (car chaque enfant est différent encore une fois)

  • 0 à 6 semaines : 45 à 60 minutes

  • 2 à 3 mois : 1 h à 1 h 30

  • 4 à 6 mois : 1 h 30 à 2 h 30

  • 6 à 9 mois : 2 h 30 à 3 h 30

  • 9 à 12 mois : jusqu'à 4 heures selon le moment de la journée.


Le meilleur indicateur reste votre bébé : Certains auront besoin de dormir plus tôt, d'autres pourront rester éveillés un peu plus longtemps.


Observer ses signes de fatigue (regard qui se perd, bâillements, diminution des interactions, frottement des yeux chez les plus grands, sourcils rouges, se touche l'oreille) est souvent plus pertinent que de regarder l'heure.


4. Un environnement propice au sommeil


Spoiler alerte : Le cerveau adore les repères


Lorsque l'environnement reste stable, il devient progressivement un véritable signal annonçant le sommeil.

Quelques recommandations simples :

  • Une chambre calme, sans trop de couleurs / stimulations visuelles / jouets en désordre,

  • Une température comprise entre 18 et 20 °C, (on fait ce qu'on peut avec la canicule!!)

  • Une obscurité suffisante pour favoriser la sécrétion de mélatonine voir un noir total si besoin, les veilleuses ne sont pas nécessaires,

  • Un lit sécurisé sans rien autour à part doudou / tétine,

  • & surtout les mêmes gestes avant de mettre bébé dans son lit, tous les jours, siestes et nuit pour le préparer au sommeil et à la "séparation".


Ces petits détails ont souvent un impact plus important qu'on ne l'imagine.

-> Retenez que pour s'endormir, nous avons besoin de diminuer les stimulations et notre température corporelle.


5. Le mode d'endormissement : Accompagner sans culpabiliser


C'est probablement le sujet qui génère le plus de culpabilité chez les parents.

« Mon bébé ne s'endort que dans les bras. »

« Il a besoin du sein pour dormir. »

« Je dois le bercer pendant vingt minutes. »

Ces situations sont normales, surtout chez le jeune nourrisson.


Avec la maturation neurologique, votre bébé développera progressivement ses propres capacités d'apaisement : A vous de l'accompagner pour justement les trouver : doudou / tétines, position, leger mouvement etc.


L'objectif n'est donc pas de supprimer brutalement les aides au sommeil, mais de les faire évoluer progressivement lorsque cela devient nécessaire et que votre enfant est prêt.

-> Il faut comprendre qu'un bébé qui s'endort au biberon + bercement + présence parentale + de côté ne va pas pouvoir, du jour au lendemain, être posé dans son lit, sur le dos, seul et s'endormir. Il faut, petit à petit, l'accompagner pour ôter un élément à la fois pour qu'il ait le temps de trouver son propre mode d'endormissement.


Le rituel du coucher : Un repère rassurant


Le rituel permet au cerveau d'anticiper le sommeil : Votre enfant proteste lorsque vous baissez les volets ? C'est parfait, c'est qu'il a compris le rituel et les prochaines étapes !


Le rituel n'a pas besoin d'être compliqué, c'est seulement l'enchainement de tous les gestes que vous allez faire avant de poser bébé dans son lit : Hygiène, sécurité affective, gestes répétitifs et rassurant.


La répétition crée un sentiment de sécurité qui facilite naturellement l'endormissement.


Ce qu'il faut retenir

Un endormissement serein repose sur l'équilibre entre plusieurs facteurs :

✔ Une alimentation adaptée aux besoins de votre bébé,

✔ Des temps d'éveil respectés,

✔ Une pression de sommeil suffisante,

✔ Un environnement propice,

✔ Un accompagnement adapté à ses besoins.


Le sommeil ne s'apprend pas en quelques jours. C'est une compétence qui se construit progressivement, grâce à la maturation du cerveau, aux expériences vécues et à la sécurité affective que votre enfant trouve auprès de vous.


Chaque bébé est différent. Il est donc essentiel d'adapter les conseils à son âge, à son tempérament et aux besoins de votre famille.


En comprenant le fonctionnement du sommeil de votre enfant plutôt qu'en cherchant une solution universelle, vous mettez toutes les chances de votre côté pour retrouver des couchers plus sereins… et des nuits plus paisibles.


& rien de mieux que d'être accompagné pour prendre de la hauteur et y voir plus clair.


Alors n'hésitez plus pour prendre rendez-vous :)

A très bientôt,

Adeline.

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