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Concrètement, pourquoi les écrans perturbent nos enfants


Les écrans font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien familial. Télévision, tablette, téléphone, ordinateur… ils sont partout, et il serait illusoire — et souvent culpabilisant — de penser que nos enfants pourraient grandir totalement sans y être exposés.


En tant qu’infirmière puéricultrice, je rencontre pourtant régulièrement des parents démunis face aux difficultés de sommeil, d’attention ou de régulation émotionnelle de leur enfant, avec en toile de fond une question récurrente : "Est-ce que les écrans y sont pour quelque chose ? " tout en ajoutant "Il a l'air si calme quand il regarde la télé".


Alors oui, les écrans peuvent perturber le développement et le sommeil des enfants, et il est important de comprendre comment, pourquoi, et surtout comment faire au mieux dans la vraie vie.



Le cerveau de l’enfant : Un organe en plein chantier


Chez le jeune enfant, le cerveau est en construction permanente. Les premières années de vie sont marquées par un développement intense des capacités sensorielles, motrices, émotionnelles et relationnelles. Or, les écrans proposent des stimulations rapides, intenses et passives : images qui défilent vite, sons forts, changements fréquents de scènes. Comme vous avez déjà pu le voir sur les réseaux; les dessins animés, les animations en terme d'images à la seconde, de couleurs, d'intensité n'ont plus rien à voir avec ce que nous avons connus nous étant enfant.


Contrairement au jeu libre ou aux interactions avec un adulte, l’enfant ne maîtrise pas le rythme et n’est pas réellement acteur. Cette surstimulation sollicite excessivement certaines zones du cerveau, tout en en laissant d’autres peu mobilisées, notamment celles impliquées dans l’attention soutenue, l’autorégulation et l’imaginaire.


Écrans et sommeil : un lien étroit (et souvent sous-estimé)

Le sommeil est l’un des domaines où l’impact des écrans est le plus clairement observé.


  • La lumière bleue : un faux message envoyé au cerveau

Les écrans émettent une lumière bleue qui interfère avec la production de mélatonine, l’hormone qui signale au cerveau qu’il est temps de dormir. Résultat : même une exposition relativement courte en fin de journée peut retarder l’endormissement, rendre le retour au calme difficile, rendre le sommeil plus léger, et augmenter les réveils nocturnes. Chez l’enfant, dont les rythmes biologiques sont encore immatures, cet effet est souvent majoré.


  • Un cerveau en état d’éveil, même après l’extinction

Au-delà de la lumière, le contenu en lui-même joue un rôle majeur. Un dessin animé, un jeu ou une vidéo captivante maintiennent le cerveau dans un état d’alerte. Beaucoup de parents décrivent des enfants « excités », agités ou très nerveux après les écrans, avec des difficultés à se poser, à entrer dans le rituel du coucher ou à trouver le sommeil. Le cerveau de l’enfant a besoin de temps de transition pour passer de l’éveil au sommeil. Les écrans, surtout en fin de journée, court-circuitent ce processus naturel.


  • Des répercussions visibles au quotidien

Un sommeil de moins bonne qualité peut entraîner, dès le lendemain :

  • une irritabilité accrue,

  • des difficultés de concentration,

  • une baisse de la tolérance à la frustration,

  • parfois une agitation ou, à l’inverse, un repli.

Ces signes sont souvent interprétés comme des « problèmes de comportement », alors qu’ils traduisent parfois simplement un manque de sommeil réparateur.


Faut-il pour autant bannir totalement les écrans ?

La réalité des familles est complexe. Fatigue parentale, fratrie, contraintes professionnelles, pression sociale… Les écrans sont parfois utilisés comme un outil de pause, de partage ou de dépannage, et il serait injuste de le nier.


Le but ici n’est pas de vous culpabiliser, mais de pouvoir en avoir conscience et d'ajuster.

Quelques repères simples et réalistes : Il serait préférable tout de même de bannir les écrans avant 3ans :

  • éviter les écrans le matin avant l’école,

  • privilégier une coupure d’au moins une heure avant le coucher ;

  • instaurer des rituels du soir sans écran : histoire, chanson, moment calme partagé ;

  • accompagner l’enfant lorsqu’il est exposé à un écran, en parlant de ce qu’il voit ;

  • rendre les temps "écran" comme un rituel en famille : découvrir un Disney, faire un goûter/film le dimanche par exemple,

  • adapter les règles à l’âge et au développement de l’enfant.


Accompagner plutôt que culpabiliser


Chaque famille fait de son mieux avec ses ressources, son histoire et son contexte. Le rôle des professionnels de la petite enfance et de la santé n’est pas de juger, mais d’informer, de soutenir et d’accompagner. Réduire l’impact des écrans sur le sommeil des enfants ne passe pas par des interdits rigides, mais par une meilleure compréhension des besoins fondamentaux de l’enfant : dormir, bouger, jouer librement, être en lien.


Parfois, de petits changements suffisent à améliorer nettement la qualité du sommeil… et le quotidien de toute la famille :)


& si vous vous sentez coincé dans cette situation, n'hésitez plus, contactez moi via l'onglet "prendre rendez-vous" !


A bientôt,

Adeline :)

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